Article 2B.Le phénomène de la vie ; l’impression de la complexité.
Le deuxième article de cette seconde partie traitera de l’évolution des espèces.
S’adapter ou disparaître ; une loi universelle.
L’évolution apparaît au biologiste comme une adaptation des espèces depuis l’apparition des bactéries et des algues bleues, il y a plus de 3 milliards d’années.
C’est Charles DARWIN qui comparât la faune des îles isolées des Galápagos à celle de l’Amérique du Sud lors d’un voyage d’étude à bord du Beagle de 1831 à 1836. L’observation des espèces venues du continent et vivant depuis longtemps dans les îles lui révéla que les espèces ont la faculté de changer compte tenu de leur environnement, c’est-à-dire de s’adapter à cet environnement. Dans une espèce donnée, les jeunes ne sont jamais tout à fait identiques à leurs parents, ni identiques entre eux, c’est l’évolution.
La compétition entre individus, de la même espèce ou d’espèces différentes, est le plus souvent provoquée par le déséquilibre alimentaire dont souffrent les populations naturelles, c’est la lutte pour la vie. La sélection joue, faisant disparaître les uns, conservant les autres, et ainsi elle est responsable de la différenciation des espèces et des variétés.
Les caractères qui donnent prise à la sélection sont infiniment variés et peuvent être minimes. L’essentiel est qu’ils apportent un avantage à celui qui porte ces caractères.
La sélection naturelle, conséquence de la lutte pour la vie, aboutit à la survivance du plus apte ; on s’adapte ou on disparaît.
La sélection sexuelle joue aussi dans la nature. Les mâles ou les femelles les plus forts ou les plus beaux sont choisis par l’un ou par l’autre sexe, de préférence aux autres, et ont ainsi plus de chances d’avoir une descendance sélectionnée et de transmettre leurs propres caractères.
La vie animale s’adapte et se complexifie.
L’animal franchit un pas immense, quand d’unicellulaire, il devint pluricellulaire et regroupa ses cellules en un sac clos délimitant ainsi un espace, ébauche d’un milieu intérieur. En même temps, il formait des cellules spécialisées dans la reproduction de l’identique. Ces cellules contenant de l’ADN sont appelées « gamètes » (males ou femelles), elles assurent la continuation de l’espèce : elles sont potentiellement immortelles, puisqu’elles se transmettent de générations en générations. Cette période d’adaptation d’une cellule à plusieurs cellules s’est étendue sur près de 800 millions d’années.
Ensuite, pendant encore des millions d’années, les organismes évoluèrent suivant les lois de l’adaptation. Eponges, Hydres, Méduses, Coraux, entre autres apparurent dans les mers chaudes.
Certains animaux acquièrent des organes à fonctions spécialisées et bien personnelles ainsi qu’une tête et des membres, leur naissance se place il y a probablement 600 millions d’années.
Viennent ensuite les vertébrés comme les lamproies qui réunissent de caractères archaïques (absence de mâchoire inférieure et de vertèbres individualisées, une seule narine médiane, etc.) à des caractères fortement évolués (œil simple, organe électrique, etc.).
Nous sommes à l’ère secondaire, les mers foisonnent d’ammonites de toutes taillent (fossiles que l’on retrouve, de nos jours, en grande quantité dans les roches calcaires formées par les sédiments des mers anciennes asséchées). Les grands reptiles connaissent une étonnante prospérité pendant environ 150 millions d’années, c’est l’ère des dinosaures qui règnent en maître sur la Terre et qui disparaissent à l’aube du tertiaire, il y a 65 millions d’années, probablement, suite aux conséquences provoquées par la chute d’une météorite dans le golfe du Mexique.
La disparition de ces grands reptiles permet le développement des oiseaux et des mammifères. Presque tous les ordres actuels se forment au début de cette époque.
Réflexion ; la relativité de la vie à échelle géologique.
L’espèce humaine est tout à fait récente, on peut comparer à une journée de 12 heures à l’échelle du temps géologiques de 4 milliards 600 millions d’années environ.
• A 0 heure les grains de poussières qui ont formés les météorites qui se sont constituées dans la nébuleuse primitive s’agglutinent et forment un bloc de plus en plus important, c’est « l’accrétion » qui va former la Terre. Pendant les quelques premiers millions d’années, la gravité a fait son œuvre de différentiation parmi les différents éléments constituants de la matière.
• Après environ 500 millions d’années, la Terre, qui était une boule de feu, a commencée à se refroidir et l’eau à envahir entièrement la Terre, il est 1 heures 20.
• Les continents sortent de l’eau qui recouvre la Terre, ils apparaissent vers 2 heures.
• Vers 4 heures soit 1,5 milliards d’années plus tard, la vie fait son une timide apparition avec des algues bleues appelées « Stromatolithes ».
• 3 milliards d’années plus tard l’Ozone, qui arrête les rayonnements nocifs, apparaît. Il est 8 heures.
• Vers 10 heures, soit environ 4 milliards d’années après la formation de la Terre, la vie commence à s’étendre sur notre planète.
• Il y a 600 millions d’années apparaissent des algues bleues appelées « Collenia », à notre horloge il est 10 heures 15.
• Se succéderont alors les ères : primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire, pour voir apparaître le tout premier Hominidé, il y a 7 millions d’années environ, il est alors 11 heures 09 minutes 20 seconde.
• Quand vous lirez ces lignes il sera 12 heures, l’heure du premier Homo sapiens.
Au terme de ce très bref aperçu de l’évolution, on découvre que l’ordre évolutif, c’est-à-dire l’ordre chronologique d’apparition des groupes, correspond à l’ordre de complication anatomique et physiologique tel qu’il est décrit par les zoologistes. Ce qui permet d’assurer que les formes simples sont plus anciennes que les complexes.
Les astuces du vivant ; la clé de l’évolution.
On constate que les organes bien que distincts par leur structure et leur fonction, proviennent d’un même matériel cellulaire de l’embryon, comme par exemple la vessie natatoire des poissons (poche remplie d’air) qui s’est transformée en poumon chez les oiseaux et les mammifères terrestres. Le matériel embryonnaire change de destinée, c’est le principe dit de « déviation évolutive » qui montre, en quelque sorte, l’évolution en action, avec l’acquisition de nouveaux gènes.
Les organes rudimentaires ne s’interprètent qu’en considérant l’évolution. Ils sont semblables aux organes normalement développés dans des groupes d’animaux moins évolués. La musculature atrophiée du pavillon de l’oreille, chez l’humain est semblable à la musculature qui, chez les biches, meut le même pavillon afin de l’orienter pour détecter un prédateur caché dans la forêt.
Les organes de locomotion sont le témoignage matériel d’un certain passé. Par exemple, L’embryon de l’orvet (lézard qui a la forme d’une couleuvre) possède des ébauches de pattes, alors que l’adulte en est totalement démuni, il est d’ailleurs souvent confondu à une couleuvre par les promeneurs.
Les organes rudimentaires, vestiges de l’état anatomique des ancêtres, sont très fréquents. Les branchies visibles chez l’embryon humain sont la preuve la plus significative des origines de la vie aquatique primitive de tous les êtres vivants.
Réflexion ; l’adaptation est universelle, elle ne fait pas de préférences.
Tout être vivant, quel qu’il soit, s’adapte toujours et en toutes circonstances. Les bactéries qui tentent en permanence d’envahir notre corps, arrivent parfois à vaincre notre système immunitaire et à se multiplier dans notre organisme, c’est alors la maladie que nous combattons, avec des antibiotiques, depuis la découverte d’Alexander Fleming. Au début de leurs emplois, toutes les bactéries étaient anéanties et la maladie vaincue. Mais les bactéries aussi s’adaptent, très rapidement, si bien que les types d’antibiotiques devaient être adaptés sans cesse à la bactérie pathogène. L’utilisation des antibiotiques en quantité industrielle pour faire grossir les animaux de boucherie, afin de faire plus de profits, et l’abus de leurs prescriptions pour des maladies relativement bénignes ont permis aux bactéries de s’adapter, si bien, que l’effet des antibiotiques risque fort bien d’être inefficace dans un proche avenir.
Réflexion ; l’influence de l’être humain dans l’évolution.
Depuis, quelques décennies, les activités anarchiques de l’humanité sont devenues inquiétantes dans le processus naturellement lent de l’évolution.
L’être humain intervient dans les processus de l’évolution d’une manière inconsidérée en précipitant des phénomènes qui empêchent les espèces animales et végétales de s’adapter.
Les grandes forêts équatoriales d’Amazonie sont exploitées à grandes échelles depuis des décennies. La coupe incessante de millions d’arbres et les feux intentionnels détruisent, en parallèle, les habitats de nombreux animaux vivant dans ces forêts, de plus avec le braconnage beaucoup d’espèces ont disparue ou sont en voie de disparition.
Autres méfaits des grandes déforestations : les plantes qui utilisent le rayonnement solaire pour se développer, en pompant le gaz carbonique et en rejetant de l’oxygène dans l’atmosphère ne seront plus en mesure, dans quelques années, de maintenir cet équilibre vital pour tous les êtres vivants. La pollution industrielle non contrôlée, les grandes déforestations, les pêches industrielles sont les facteurs, jamais aussi intensément pratiqués sur la planète, qui pourraient bien entraîner la disparition prématurée de bien des espèces animales et rompre l’équilibre dont nous dépendons intimement