Article 3C.L’influence du raisonnement logique sur mon psychisme et mon comportement.


La résolution des problèmes ; changer de cadre ; les leurres de la perception.



          Réflexion ; la résolution des problèmes ; raisonnement et contradiction.

          Mon raisonnement traditionnel sur un problème peut me mener à l’impossibilité de le résoudre. Si je pose la fameuse question : lequel des deux de la poule ou de l’œuf est apparu le premier? Je vais m’enfermer dans un cadre qui empêchera toutes solutions ; si c’est l’œuf qui est apparu le premier qui l’a pondu ? Si c’est la poule d’où est-elle sortie ? Mais si je pose la question autrement : Comment la vie est apparue sur la Terre ? Je pourrais consulter les recherches en pré biotique réalisées à la suite à l’expérience du chimiste Miller qui explique que, selon certaines conditions qui régnaient sur la Terre, il y a environ 3 milliards d’années, de la matière biologique simple a pu se créer dans les argiles. Pendant des milliards d’années les lois de l’évolution selon Darwin a créé les espèces que nous connaissons ou qui ont disparues.
          Un exemple un peu abstrait, mais tout à fait simple, éclaircira ce raisonnement. Il s’agit de relier les 9 points de la figure suivante par 4 lignes droites en gardant toujours le crayon sur la figure. Essayez, si vous ne connaissez pas le problème. Vous trouverez le résultat et les explications à la fin de l’article.



          Réflexion ; l’étrange perception ; la réalité impossible.

          Nous avons vu que notre cerveau est incapable de comprendre certains problèmes, par exemple en mécanique quantique, théorie qui explique la physique de l’infiniment petit. L’électron qui tourne autour du noyau de l’atome ne peut jamais être localisé dans le temps, il peut être soit à droite, soit à gauche au même instant, soit à droite et à gauche au même moment. Je peux dire que cette situation est paradoxale, mais elle concerne le domaine de l’infiniment petit, dans lequel je n’ai pas accès directement.
          Il existe aussi, à mon niveau de perception, des phénomènes, dus à des effets de perspective, qui sont inaccessibles à ma logique pour en donner un exemple le grand physicien Penrose a imaginé des escaliers qui peuvent être montés ou descendus indéfiniment sans jamais atteindre ni le sommet, ni le bas.
          Pour m’en persuader voir le dessin de l’escalier de Penrose ci-après.



          Réflexion sur un paradoxe ; s’éloigner toujours plus d’un lieu, pour s’en rapprocher.

          Un exemple très simple consiste à imaginer un voyageur qui partirait de Paris, disons du pied nord de la Tour Eiffel, se dirigeant toujours tout droit devant lui vers le pôle nord, il s’éloignerait de plus en plus de son lieu de départ. Ne prenons pas en compte le froid qu’il devrait endurer en passant au pôle nord. En continuant, toujours tout droit, il franchirait l’hémisphère nord et toujours tout droit, il continuerait, toujours dans l’hémisphère nord, jusqu’à l’équateur et se dirigerait dans l’hémisphère sud vers le pôle sud. Le pôle sud franchi, pour lui sa direction est la même, il avance toujours dans la même direction ; mais en réalité il ne s’éloigne plus de son point de départ, au contraire, il s’en rapproche de plus en plus. Il finira, au bout de son long périple, par arriver au pied sud de la Tour Eiffel en étant allé toujours tout droit devant lui. Cet exemple simple a son importance, quand on sait que l’Univers est courbe et que les galaxies s’éloignent rapidement les unes des autres dans cet Univers.

          Réflexion ; les leurres de la perception.

          La perception est la capacité qui permet à mon organisme de mener ses actions et de connaître son environnement sur la base des informations recueillies par mes sens. Les mécanismes perceptifs sont, en fait, un ensemble d’opérations réalisées par mon cerveau sur les signaux que mes organes sensoriels captent dans mon environnement. Ces comportements sont automatiques, dans certains cas, comme par exemple l’action de marcher sur une route ensoleillée ou sur un chemin obscur au clair de lune. Toutefois certains de ces comportements automatiques font aussi appel à des connaissances inscrites dans ma mémoire, un lieu connu peut se parcourir dans l’obscurité à tâtons, je reconnais les objets au toucher et à leur emplacement que je connaissais déjà. La perception n’est pas seulement visualisation et reconnaissance du monde tel qu’il apparaît à mes sens, mais une réflexion logique de la réalité des phénomènes sous-jacents réels révélés par l’expérimentation. La partie illusoire des phénomènes doit être présente à mon esprit afin de ne pas être perturbé par des leurres nuisant à ma logique. On peut illustrer ce problème par l’exemple de l’illusion bien connue, en psychologie, voir les figures suivantes :


          En haut et à gauche, l’illusion de Müller Lyer. Le point divise la hampe de la flèche en deux parties égales ; pourtant la moitié droite paraît plus longue que celle de gauche.
          En haut à droite, la ligne oblique est faite de deux segments qui sont dans le prolongement l’un de l’autre ; le segment supérieur paraît décalé vers la droite.
          En bas à gauche, les bases inférieures des trois trapèzes sont égales. En bas à droite, les six lignes sont parallèles.

          En fixant longuement
          Le livre, en haut à gauche est vu successivement ouvert en avant ou en arrière.
          Le cube de droite est successivement vu d’en haut et vu d’en bas.
          L’image inférieure est due à Ruben. On voit alternativement une coupe blanche sur fond noir, ou deux profils noirs se faisant face.

          Réflexion sur la validité de la perception.

          Quand j’observe avec attention ces images, mon cerveau interprète différemment le même objet : ouvert et fermé, en haut et en bas, un vase et des visages. La question se pose alors. Où se trouve la réalité ? La question se confond avec le monde étrange et mystérieux que j’ai aperçu en mécanique quantique où un électron, par exemple, pouvait se trouver en haut et en bas par rapport aux nucléons ou bien aux deux endroits au même moment. L’image est frappante ! Est-ce que mon cerveau n’interpréterait que les phénomènes en fonction de mes besoins vitaux, dans un monde où la logique de la Nature ne serait pas à mon échelle ?

          Impression de structure.

          Les éléments perceptifs isolés ont une tendance spontanée à la structuration. Si je regarde une série de points inégalement espacés, j’ai tendance à percevoir des groupes de points. De même en regardant le ciel nocturne j’aperçois des constellations qui, en réalité n’existent que dans mon esprit, les étoiles de ces constellations ne sont pas sur le même plan, ni à la même distance de moi, dont sans aucun lien entre elles, si ce n’est que dans mon esprit.
          La figure suivante représente la structuration spontanée d’un ensemble d’éléments. Les 32 points tendent spontanément, du fait de leur représentation spatiale, à être perçus comme 4 groupes contenant chacun 8 points.


          En fait, je ne perçois du monde que les manifestations illusoires, fugaces et éphémères des phénomènes enregistrés superficiellement par mes sens, ceux-ci pouvant être assimilés à des leurres.
          Toute perception et toute pensée sont relatives et opèrent par comparaison et par contraste. Si je vivais, depuis ma naissance dans un univers où tout ce qui le compose était rose, moi y compris, le concept de rose ne pourrait m’apparaître, par manque d’autres couleurs faisant contraste.

          Changer de cadre.

          Voir ci-dessous la résolution du problème posé au début de cet article.
          Presque toutes les personnes qui rencontrent ce problème pour la première fois introduisent une hypothèse qui rend la solution impossible. Si je pense que les points forment un carré et que la solution doit s’inscrire dans ce carré, il s’impose ainsi à mon esprit une condition que l’énoncé ne comporte pas. Mon échec, par conséquent, n’est pas dû à l’impossibilité de la tâche, mais à la solution choisie. Une fois que je crée le problème, j’ai beau essayé toutes les combinaisons de quatre lignes, et dans n’importe quel ordre, à la fin il reste toujours un point qui n’est pas relié aux autres. Ce qui signifie que, même en utilisant toutes les possibilités de changement, si je reste à l’intérieur du carré, je ne résoudrai pas le problème. Pour le résoudre il faudra que je change de référence, cela présuppose que je sois conscient de la structure de ma pensée et que je garde à l’esprit la nécessité de distinguer clairement entre tous les niveaux que la perception logique présente, celle qui affirme que je ne dois pas considérer les phénomènes qui conviennent à la perception routinière que j’ai de la résolution des phénomènes que je rencontre.